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Après une longue période de silence, le Secrétaire Exécutif chargé des Relations Extérieures du FLEC, Monsieur Nzita Mbemba Antoine nous a livré ses sentiments sur le contexte politique actuel au moment où plusieurs rumeurs circulent dans l’opinion publique.
Interview Vérité Exclusive
« …la paix doit être l’issue de toute guerre quelles qu’en soient les raisons et les circonstances historiques l’ayant entrainées. »
Flecnoticias : Voilà près d’un an et demi que vous aviez été reçu en audience par Son Excellence Monsieur José Eduardo dos Santos, Président de la République d’Angola - Et puis apparemment plus rien de concret sur la suite, qu’est-ce qui se passe ?
Nzita Antoine : Effectivement, nous avons sollicité une audience auprès de Son Excellence Monsieur le Président de la République qui nous a reçu le 17 février 2009 comme vous le savez. Fait exceptionnel, l’entrevue a duré 1h 30’. Et j’ai trouvé en Monsieur le Président de la République un Homme d’Etat très informé qui dégage une sagesse qui est rare actuellement en Afrique. Vous savez, il n’est pas facile de s’exprimer devant un chef d’Etat. Mais là, le Président de la République m’avait très vite mis à l’aise par son speech d’accueil et sa simplicité, comme un père qui reçoit son fils sans aucun a priori ni préjugé. Je vous annonce de suite que le Président de la République m’a fait l’honneur de me recevoir une deuxième fois au cours de l’année 2009.
Toute initiative de paix, dans le cas du Cabinda, peut être sujette à des tentatives de manipulations et de sabotages liées au fait que ce dossier reste très sensible compte tenu des convoitises diverses. C’est pourquoi, nous avons opté pour une posture d’humilité et de responsabilité pour l’accomplissement de notre démarche de rapprochement et d’échange de positions pour arriver à un consensus qui n’humilie personne, ni les uns ni les autres.
Flecnoticias : De quoi parlez-vous quand il vous arrive de rencontrer le Président de la République ?
Nzita Antoine : Il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que le Gouvernement de la République d’Angola a consenti beaucoup d’efforts pour la reconstruction ou la réhabilitation des infrastructures du pays ces dernières années et cela est très visible et épatant.
J’ai naturellement exprimé mes félicitations à Monsieur le Président de la République pour l’essor formidable de l’Angola dans une région de l’Afrique Centrale et Australe plein d’espoirs et de vitalité.
Le Président de la République a une connaissance parfaite des problèmes de la sous-Région.
Vous savez que quelques années avant l’indépendance de l’Angola, et qu’en sa qualité de combattant et militant du MPLA, il fut accrédité en mission à Pointe Noire au Congo ainsi qu’au Cabinda. Cela montre à quel point Monsieur le Président de la République connaît les mentalités des Hommes et des populations de cette Région.
En parlant avec Monsieur le Président de la République, je me suis rendu compte que c’est un Homme d’Etat sincère et ouvert au dialogue pour la résolution de nos problèmes internes en Afrique et en Angola.
C’est une toute autre image que je garde de sa haute personnalité et qui contraste avec les idées reçues et propagées à l’extérieur contre sa personne que je respecte beaucoup.
Flecnoticias : Comment expliquez-vous que votre père, Monsieur Nzita Tiago, ne soit pas dans la même démarche que vous, qui pourtant, va dans le sens de la paix et du développement du Cabinda ?
Nzita Antoine : Je pense qu’il faudrait parcourir la trajectoire politique de mon père pour comprendre sa position. Il est de tout son honneur d’avoir traversé et connu toutes les histoires de combats des peuples africains pour leurs indépendances.
Cette année, c’est l’année du cinquantenaire de ces indépendances. Il faut comprendre que depuis, les alliances ont changé de nature, le monde a beaucoup changé et est devenu un village planétaire dans lequel les intérêts des uns et des autres sont imbriqués. C’est la fameuse globalisation économique et on s’achemine lentement et sûrement vers une gouvernance mondiale. Je ne souhaite nullement m’attarder sur la position qui est la sienne compte tenu des divergences d’approches politiques, que je considère légitimes et qui ne devraient pas nous embrouiller en tant que tel.
Mais, si j’avais un message à lui transmettre, c’est de lui dire qu’il fut lui même, co-fondateur du Comité des Bon Offices Angolais avec son ami et frère N’lanvu Normand. Par l’entremise de cette organisation, il voulait que les mouvements de libération de l’Angola puissent se fédérer pour mener, à l’unisson, le combat contre le colonialisme portugais. Quelque part, mon père devrait être fier d’avoir modestement apporté sa pierre dans la lutte pour la libération de l’Angola.
J’en appelle donc à son appréciation pour qu’il se rende compte qu’il devrait entrer dans l’histoire en s’élevant comme un grand homme pragmatique et constant, qui a su faire la guerre, certes, mais qui a aussi compris que la paix doit être l’issue de toute guerre, quelles qu’en soient les raisons et les circonstances historiques qui l’ont entrainées. Et que cette paix devienne une nécessité vitale pour créer des conditions d’un développement solidaire, social et humain des populations africaines car l’Afrique à trop souffert de ces interminables guerres fratricides héritées de la colonisation.
Nous le conseillons donc, et avec tout le respect que nous lui devons, d’avoir le courage politique que nous lui reconnaissons, d’aller à Luanda pour une rencontre fraternelle avec le Président José Eduardo dos Santos, qui sait, de mon point de vue, apprécier et reconnaître les mérites politiques des uns et des autres.
J’ai dit un jour que je crois en la vertu du dialogue et que je m’y cramponnerai tant qu’on ne m’aura pas démontré que j’ai tort. Le moment est donc propice pour cela et nous n’avons plus le droit de tergiverser au risque de sacrifier inutilement des générations entières et futures pendant que d’autres évoluent et s’attèlent résolument à la construction et l’édification de leur société.
Flecnoticias : Semble-t-il que des gens auraient rapporté à votre père que vous êtes allé le dénigrer ou parler du mal de lui lors de votre rencontre avec le Président José Eduardo dos Santos et en plus, vous seriez même allé à Luanda pour demander l’argent en son nom, cela est-il vrai ?
Nzita Antoine : Evidemment que c’est faux et archi-faux. Les personnalités importantes et influentes qui ont assisté à l’audience qui nous avait été accordée par Monsieur le Président de la République s’exprimeront un jour pour rétablir la vérité.
Des gens racontent des bobards de tout et n'importe quoi à mon père pour le maintenir dans une position inadéquate qui ne rime pas avec une vision politique qui devrait être la sienne en ce moment de souffrances et d’incertitudes.
J’ai ma conscience tranquille et je ne supporte pas des gens qui veulent profiter de la faiblesse d’un homme pour lui faire miroiter des promesses infondées et lui inculquer des histoires utopiques et mensongères.
Flecnoticias : A quand alors la réconciliation entre le père et le fils ?
Nzita Antoine : Je me suis déjà exprimé par le passé sur ce sujet. Je lui exprime toute mon affection et mon estime tout en lui souhaitant un prompt rétablissement parce que nous avons besoin de lui. Et qu’il m’accorde, au nom de Dieu le Tout Puissant, son pardon s’il considère qu’une attitude, une parole voire un comportement, de ma part, l’aurait affligé ou blessé.
Je n’ai pas un problème particulier avec lui et je ne me sens pas du tout dans une situation ou position d’avoir trahi qui que ce soit.
Je pense que des divergences politiques sont courantes dans un engagement politique et qu’elles ne devraient pas affectées des relations familiales normales. Aussi, ne pensez surtout pas que ce sont ces divergences qui bloquent le processus de normalisation au Cabinda.
Il faut séparer ce qui doit rester de la famille, des problèmes d’idéal politique qui relèvent de plusieurs acteurs et qui doivent tenir compte des réalités liées à l’environnement et à la conjoncture. Je veux rendre ici un vibrant hommage à tous ceux de nos frères et amis de longues dates qui ont compris, avec courage, que le chemin de la paix reste la seule voix de la dignité pour sauver des vies humaines de la dégradation et de la décrépitude.
Flecnoticias : Qu’attendez-vous de la Communauté Internationale que beaucoup veulent voir jouer un rôle dans le dialogue que vous préconisez ?
Nzita Antoine : Que les Gouvernements des pays qui ont des intérêts économiques avec l'Angola puissent encourager et soutenir franchement de bonnes initiatives en faveur de la consolidation de la paix au Cabinda. Et de ne pas rester passif face à des actes de manipulations dangereuses qui n’apportent rien à la population qui a tant souffert et qui aspire, maintenant, à la paix et au développement séquentiel et durable. |